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pointing out the tools of the LearningMethods work and explaining how they are being used so you can learn how to apply them for yourself,

2)

uncovering more about the underlying causes and seductive traps of specific problems and how to liberate yourself,

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and revealing the knowledge about ourselves that we gain along this journey of discovery towards freedom in our lives and harmony with others.


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L'échec c'est dur,
mais l'apprentissage c'est facile

par David Gorman

Voici le récit d’un cours qui a eu lieu lors d’un stage en Mai 2000. Il ne nécessite pas vraiment d’introduction. J’ai légèrement modifié ce qui a été dit juste pour expliquer au mieux chaque étape du processus. A la fin, Ghislaine décrit ce qu’elle a appris et ce qui a changé dans sa vie une semaine après le stage.

La Leçon

Ghislaine :
Je crois qu’en règle générale, je me sens vivre d’une façon très superficielle, comme si je ne vivais qu’à cinquante pour cent de mes possibilités. Je sens que quand je vis, il y a la vie et il y a moi. C’est à dire, je vois ce que je pourrai faire et je vois ce que je fais en restant à coté. Je prends un exemple, au niveau du dessin, de la peinture, il y a un moment donné quand je dessine, je m’arrête, alors que j’aurais beaucoup de plaisir à aller plus loin. Et je n’y arrive pas.

David :
J’aimerais tout de suite noter quelque chose. Remarque que tu as identifié un moment lorsque tu dessines qui semble se répéter. Quelque soit le problème, il est apparu plusieurs fois. Tu t’en es rendu compte. Tu as un début d’information. Nous avons dans notre nature à apprendre une habilité à détecter les problèmes. Non seulement la capacité à détecter qu’il y a un problème, mais aussi de savoir dans quel domaine il se situe, et à quels moments il se produit.

C’est intéressant que tu puisses reconnaître : « Tiens c’est à ce moment là, précisément où tu t’arrêtes de dessiner ». Cette localisation dans le temps du problème, te permet de voir exactement ce qui t’arrive quand tu t’arrêtes de dessiner. Alors allons-y ! Qu’est ce qui se passe dans un de ces moments ? De ton point de vue lorsque tu vis ce moment, pourquoi t’arrêtes tu ? Sans observer la situation après coup mais lorsque tu es en train de vivre ce moment ?

Ghislaine :
Je crois que déjà cela commence par une grande peur.

David :
Pour être juste, est-ce bien au moment où tu t’arrêtes que tu ressens cette peur ?

Ghislaine :
Non c’est avant et puis c’est comme si je me perdais dans le temps. C’est à dire que pour aller au delà, il faut dépasser quelque chose. J’ai un sentiment que cela a quelque chose avoir avec le temps, comme si le temps m’affolait.

David :
Une fois de plus pour être sûr, tu parles bien de ce que tu ressens dans ces moments là ?

Ghislaine :
Non, là c’est après.

David :
Mettons cela de côté, et revenons à ce qui t’arrives au moment où tu t’arrêtes de dessiner. Donc tu es en train de dessiner ou de peindre, et puis, qu’est ce qu’il se passe ?

Ghislaine :
C’est difficile de trouver. Je sens la peur, elle est là, c’est comme si c’était évident que je ne pouvais pas aboutir alors je préfère m’arrêter.

David :
Maintenant, j’aimerai revenir au processus utilisé pour explorer le contenu de ta situation.

Il y a des moments dans cette approche où l’on peut regarder notre façon d’exprimer les choses qui est le reflet de notre pensée. Lorsque nous explorons un problème, il est essentiel que nous puissions penser clairement et identifier avec justesse pour ensuite utiliser ces informations. Pour cela, nous pouvons identifier où se situe ce manque de clarté.

Parfois, ce manque de clarté vient complètement des mauvaises conceptions, parfois, ce n’est pas lié à notre façon de penser, mais il en manque une partie dans ce que l’on dit.

Voilà ce qui se passe pour toi, tu viens de dire ce que j’appelle une phrase non terminée : « Comme si je n’allais pas y aboutir », le verbe est là mais tu n’as pas donné de sujet au verbe. Aboutir, c’est un verbe, mais aboutir à quoi ?

En continuant, nous verrons pourquoi il est important de finir ces phrases non terminées. Tant que tu n’as pas terminé la phrase, tu ne sais pas vraiment ce qui t’arrive. Je parles de cela maintenant d’une part parce que nous avons besoin de compléter cette phrase pour continuer, mais surtout, pour que tu puisses avoir conscience de ces phrases non terminées et cette habitude de penser. Si tu en dis encore, je les pointerai pour que tu y sois sensibilisée et que tu puisses ensuite toi même les reconnaître.

Pour revenir au contenu, Quand tu dis : Tu ne vas pas aboutir… …Dans ces moments-là quand tu es en train de peindre, tu ne vas pas aboutir à quoi ?

Ghislaine :
Pas réussir à obtenir ce qui me ferait plaisir.

David :
Dans ces moments-là précisément, cela serait quoi ? Avant que tu ne répondes, un petit mot encore sur le processus.

Nous avons commencé à terminer les phrases. En commençant à être plus explicite, ta réponse à arriver à quoi nous amène un peu plus loin, mais cela ne vas pas jusqu’au bout. Ta réponse est encore une phrase non terminée, ne pas arriver à obtenir ce qui me ferait plaisir. Donc qu’est ce qui te ferait plaisir ? Nous devons terminer aussi cette phrase.

Dans un de ces moment où tu dessines, qu’est ce qui te ferait plaisir et te permettrait de continuer ton dessin?

Ghislaine :
Ce qui me ferait plaisir je crois dans un dessin, c’est arriver à ce qu’il soit un aboutissement pour moi, être satisfaite, alors que je ne suis pas satisfaite parce que j’ai l’impression que c’est resté inachevé.

David :
Encore, j’ai une autre question pour comprendre complètement ce que serai le succès. Qu’est ce que précisément cela serait d’être achevé ?

Ghislaine :
Parce qu’il serait pour moi une harmonie, si je prends un corps avec toutes les ombres et les lumières et pas seulement une enveloppe extérieure.

David :
Après ces 3 étapes, nous avons la réponse à la question « réussir à quoi », mais au début tu avais dis « C’était évident que je ne pouvais pas aboutir ». Si tu sais ce que voudrait dire réussir et qu’il est évident que tu ne réussi pas lorsque tu dessines, comment sais-tu lorsque tu dessines que tu n’as pas cette harmonie et les ombres et les lumières, est ce qu’il se passe quelque chose qui te montre que tu n’as pas cela ?

Ghislaine :
Oui, si je prends une copie qui existe de mon dessin, je vais noter une grande différence.

David :
Je te fais remarquer que nous avons une autre phrase non terminée ici. Ou peut-être une perception qui n’est pas précisée voir une différence contient seulement une partie de l’information, il y a une différence. Nous devons savoir comment. C’est quoi précisément cette différence que tu vois?

Ghislaine :
Toujours la même chose, de sentir une oeuvre inachevée. Esthétiquement quelque chose de pas joli.

David :
Continuons encore avec une autre question pour préciser cette différence, Nous en savons plus maintenant, cette différence à avoir avec « l’esthétique » et « la beauté ». Mais nous ne savons pas encore ce qui est qui n’est pas esthétiquement beau. Sais tu précisément ce qui n’est pas beau ?

Ghislaine :
Non.

David :
Qu’est ce qui est là exactement qui n’est pas joli ? Qu’est qui est là qui n’est pas harmonieux ?

Parfois une chose est déjà apparu avant, et tu peux t’y référer car le même concept est présent dans d’autres domaines. Tout à l’heure tu parlais de la musique et disais que quelque chose était mauvais. En prenant le temps de voir précisément ce qu’il se passait, tu a pu détecter qu’il y avait quelque chose qui n’était pas ce que tu voulais. Tu peux voir cela comme mauvais, ou considérer cela comme une bonne perception : « Je peux voir ce qui s’est passé qui ne correspond pas à ce que je veux. » Et la possibilité d’être plus claire, je sais plus définir ce que je veux maintenant, ce n’est pas cela. Est-ce qu’il a quelque chose qui ressemble à ce qui se passe pour toi lorsque tu dessines ? Ou tu dessines et tu commences à percevoir qu’il se passe quelque chose qui n’est pas ce que tu veux ?

Ghislaine :
C’est plus que je perçois que ce n’est pas cela que je veux. 

David :
Revenons au processus. En continuant à explorer ce qui t’arrives, ce que nous recherchons, c’est de faire ressortir notre façon de voir les choses, notre point de vue, nos concepts. En plus des faits, de l’information, nous voulons aussi voir comment nous avons interprété ces faits.

Donc remarque que tu décris constamment le problème en disant que quelque chose n’est pas là. « Il n’y a pas d’harmonie, ce n’est pas joli, ce n’est pas fini ». Apparemment pour toi, ce qui a de l’importance c’est ce qui n’es pas là. Es-tu consciente de ce qui est là ? C’est une question. Dans ces moments, sais-tu ce qu’il se passe qui te montre précisément ce qui n’est pas beau ? Qu’est ce qui est là qui n’est pas harmonieux ?

(Nous faisons une pause… car cette question l’a profondément touchée.)

David :
Prenons en hypothèse une situation différente. Si tu dessinais, tu ferais une copie, ton dessin ne serais pas très juste, pas très harmonieux, mais que tu ne t’en rendrais pas compte. Ensuite tu le montrerais à quelqu’un qui verrait tout cela. Dans ce cas, cela montrerait qu’il te manque des habilités artistiques, mais tu ne t’en serais pas aperçu toute seule. Ce ne serait pas une bonne situation…

Bien entendu, ce n’est pas ton cas. Tu es dans une meilleure position. Tu commences à dessiner, et ton système de perception te dit que quelque chose n’est pas exactement ce que tu veux.

Cela c’est important, mais cela ne t’aide pas tant que tu n’arrives pas à voir comment précisément cela n’est pas ce que tu veux. C’est seulement en sachant cela que tu pourras y changer quelque chose.

Malheureusement, d’après toi, toute ton attention sur le dessin est sur ce qu’il n’y a pas, au lieu de, « Qu’est ce que je vois ici qui n’est pas ce que je veux ? » « Qu’est ce qu’il y a ? » Alors tu pourrais dire : « Si c’est cela ce que j’ai fait, qu’elle est la différence avec ce que je veux ? » Pour répondre à cette question, tu dois être consciente, non seulement de ce qui n’est pas là (ce que tu veux), mais aussi de ce qui est là.

Ghislaine :
Je sens maintenant que je ne veux pas voir ce qu’il y a. Je vois uniquement ce que je veux et que je n’obtiens pas.

David :
C’est intéressant quand tu dis « Je ne veux pas voir ce qu’il y a » et du coup tu ne vois pas dans un sens, c’est vrai, vu que tu ne sais pas clairement ce qui est là. Sauf que remarque que tu le vois. C’est pour cela que tu t’arrêtes. Si tu ne le voyais pas, tu continuerais en étant contente et en pensant que ton dessin correspond exactement à ce que tu veux. Donc tu as déjà remarqué qu’il y a quelque chose qui n’est pas ce que tu veux.

Tu ne sais pas exactement ce que c’est, tu ne peux pas en apprendre quelque chose.

Si tout ce que tu faisais était déjà ce que tu voulais, tu aurais alors déjà une capacité, une habilité à faire ce que tu veux . Mais ce n’est pas où tu en es. D’après ce que tu dis, tu aimes dessiner et tu es encore en train d’apprendre. Quand un apprentissage est nécessaire, la chose la plus importante est de savoir ce que tu as besoin d’apprendre. Comment peux-tu savoir ce que tu as besoin d’apprendre si tu ne sais pas ce qui t’arrives. Par curiosité, dans ces moments où tu vis cela, vois tu ces moments là comme une situation d’apprentissage ?

Ghislaine :
Oui

David :
Tu te dis tiens voici un moment où je pourrai apprendre ?

Ghislaine :
Non pas ce moment-là, en général je me sens en apprentissage, mais à ce moment là, je ne le vois pas comme un apprentissage, je le vois plus comme un échec.

David :
C’est bien sûr très différent de réaliser que dans ces moments là, tu es dans un mode d’échec, ce n’est pas agréable, dans l’échelle de valeur, c’est quelque part en dessous de zéro. En plus, cela ne donne pas de moyen de changer quoi que ce soit puisque tu ne sais même pas ce qu’il y a.

Ghislaine :
Oui, oui.

David :
Mais si nous restons sur les faits pour voir s’ils suggèrent une façon un peu différente de voir les choses ….

Tu as dis que tu as déjà un intérêt à peindre et à dessiner, c’est une bonne chose. Tu sais aussi que cette activité a une importance et une certaine valeur pour toi, elle te procure du plaisir. Tu sais d’une façon générale qu’un apprentissage est nécessaire. Et d’après ce que tu dis tu as envie d’apprendre. Mais on n’apprend pas d’une façon générale, on apprend d’une façon précise. Et si on apprend, on a besoin d’apprendre des choses particulières. Ce qui est une bonne chose car remarque que tu as déjà des moments précis qui viennent à toi où il y a quelque chose à apprendre. Et en plus, tu détectes ces moments. Tu ne les ratent pas. Donc ta conscience et ta perception te montrent où l’apprentissage est possible.

De ce point de vue, tous ces éléments sont bons et ils se produisent.

C’est ta façon de voir ce moment (quand tu le vis) qui fait que tu le ressens comme si tu vivais un échec. Tu t’attendais à accomplir quelque chose et tu n’as pas réussi à l’accomplir. Et si nous finissions cette phrase non terminée : échec à quoi ?

Ghislaine :
Un échec de quelque chose que j’attendais effectivement.

David :
Mais le fait que tu puisses voir en face de toi que ce qui est n’est pas ce que tu avais cru pouvoir faire te montre que ton attente n’était pas juste. Si tu n’as pas réussi à faire quelque chose que tu ne sais pas encore faire, peux-tu vraiment parler d’échec si tu n’as pas encore appris ?

Ghislaine :
Eh oui, sauf que j’apprends maintenant depuis assez longtemps. Je dois avoir une certaine lenteur de ce côté là. Il me faut plus de temps.

David :
Lente à quoi ?

Ghislaine :
Peut-être à apprendre et à pouvoir observer.

David :
Ce qui peut ralentir ton apprentissage c’est de rencontrer ces moments-là et au lieu de les voir comme des moments où l’apprentissage est possible, tu les vois comme des moments d’échec alors ta capacité à apprendre s’arrête.

Au lieu de remarquer qu’il y a quelque chose là qui n’est pas ce que je veux. Puis de te poser la question qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je veux ? Qu’est ce qui m’arrive ?

Alors il y aurait la possibilité d’apprendre de façon précise à ce moment-là. Mais ça voudrait dire considérer ce moment comme une bonne chose. De ce point de vue, il n’y a pas du tout d’échec. Il y aurait une réussite à remarquer qu’il y a un moment d’apprentissage.

« Bon, qu’est ce que j’ai remarqué ici qui n’est pas ce que je veux ? J’ai bien dû remarquer quelque chose qui me signale que ce n’est pas ce que je veux, sinon je n’aurai rien vu. Qu’elle est la différence entre ce qu’il y a et ce que je veux ? Si pouvais savoir la différence cela serait évident ce que je pourrai faire au lieu de ce que j’ai fait ? »

Ghislaine :
Oui, je comprends.

David :
Du coup, tu aurais appris au lieu d’avoir raté et cela serai un autre succès. Note que ce n’est pas un succès à obtenir mais un succès à remarquer quand l’apprentissage est nécessaire, succès à définir ce que tu as à apprendre et le succès à avoir appris.

D’après ce que nous avons vu ensemble, tu as tous les éléments nécessaires pour faire ça. Tout est là jusqu’au moment d’apprentissage. Ce qu’il te faut maintenant, c’est d’apprendre comment tirer profit de ces moments. Au lieu d’être bloquée dans une façon de voir les choses où tu te blâmes toi même d’avoir raté.

Ghislaine :
Oui je fais bien la nuance maintenant.

David :
Maintenant voyons de façon pratique l’étape suivante du processus.

Nous venons de terminer la première étape, étape d’exploration du problème. Que se passe t-il ? Pouvons nous avoir toute l’information sur la table pour y voir clair ?

Avec cette nouvelle façon de voir systématique, pouvons nous avoir une meilleure compréhension de ce qui s’est passé et pourquoi ce problème arrive-t-il. Cette nouvelle compréhension plus juste ouvre-t-elle la porte à de nouvelles possibilités pour aller de l’avant ?

Voyons maintenant de façon pratique ce que cette nouvelle compréhension va impliquer.

Que ferais-je la prochaine fois que un de ces moments d’apprentissage arrive ?

Parfois, l’exploration que nous avons faite pour voir la situation de façon plus juste suffit à créer un changement de perception et d’attitude. Si tes idées et ta réalité changent, alors ce qui était vécu comme une mauvaise chose devient une bonne chose. L’échec se transforme en apprentissage par exemple. Si ce changement va plus en profondeur, tu seras à une autre place lorsque tu rencontreras ces moments et tu n’y verras pas de problème.

Tu verras ce moment avec ton nouveau point de vue, comme une bonne chose, il y a quelque chose pour toi à apprendre là, bien que tu ne saches pas encore quoi, mais cela sera intéressant à découvrir.

Bon peut-être que cela se passera ainsi ou peut-être pas. Tu verras bien au vif de l’action (en dessinant) si ta vision des choses a changé.

A moins que tu ne sois devenue une artiste parfaite et que ces moments d’apprentissage ne se reproduisent plus ! Tu vas sûrement rencontrer ces moments où tu reconnaîtra que ce que tu dessines n’est pas ce que tu veux.

Mais si tu te retrouve avec le même type de sensation d’échec et en réagissant en voulant t’arrêter, crois-tu que ces sensations seraient suffisamment fortes pour te réveiller pour que tu puisses être clair au moment où tu vis cela et que tu vois que tu es en train de réagir comme si c’était un échec ?

Ghislaine :
Oui, je pense.

David :
Alors tu pourras te poser la question : un échec à quoi ? Un échec à accomplir une attente où j’aurai dû être capable de faire quelque chose que je peux voir maintenant que je ne sais pas faire ( sinon je l’aurais fait !). Ce n’est pas juste et cela ne va pas m’aider.

Mais vu que tu as remarqué ce moment, tu pourrais l’utiliser en te posant la question : qu’est ce qui a éveillé mon attention ? Et pourrais tu passer d’un mode de réaction à un mode d’apprentissage ? Dans ce cas, tu pourrais t’intéresser à ce qui s’est passé. Qu’est ce qu’il y a dans ce dessin qui n’est pas ce que je veux ? Qu’est ce que je veux ?

En d’autre terme, pourrais-tu reconnaître que tu a été piégée dans une réaction à cause de tes attentes et alors choisir d’aborder ce moment différemment et d’une façon plus juste comme une expérience d’apprentissage ?

J’insiste encore sur ce point : comment peut-on rater quelque chose que l’on ne sait pas encore faire ? Ce n’est pas un point de vue très juste. Surtout quand tu vois ce qui s’est passé.

Mais cela serait plus juste de dire qu’il y a quelque chose là qui n’est pas ce que je veux. C’est réel. C’est plus juste de dire que tu n’est pas très sûre de ce qui s’est passé… en tout cas pour l’instant. Ca aussi c’est vrai. Et cela serait plus juste de dire que à ce moment-là si tu es intéressée à apprendre, tu pourrai être dans une attitude d’exploration et de découverte. C’est une façon plus juste de voir cette situation vu que c’est vraiment ce qui s’est passé.

Non seulement tu découvriras si tu peux apprendre, et tu verras en approchant la situation avec un mode d’apprentissage si tu ressens la situation différemment. Est ce qu’il y aurait un horrible sentiment d’échec et une peur de voir ton niveau, ou est-ce que cela sera intéressant ou amusant ? Bien sûr tu ne le sais pas, tu verras plus tard…

Cela serait très intéressant si tu approchais la situation différemment, et que ton vécu change aussi. Parce que remarque que la situation n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est ta façon de voir les choses. En voyant la situation d’une façon, tu auras le même type de réactions, de réponses que tu connais, un ressenti et un symptôme physique. Si tu vis la même situation, mais que tu vois autrement, si tu vois que tu as des réponses différentes, tu auras directement expérimenté à quel point nos réponses sont reliées à notre façon de voir (notre interprétation). Cela te montrerait que ton vécu n’est pas relié à la situation mais à ta façon de voir la situation.

Ghislaine :
Effectivement, cela faisait un cercle fermé, où j’étais dans le découragement et je ne pouvais pas sortir de là.

David :
Oui et tu vois comme chaque fois où cela se produit, cela renforce cette idée : « J’ai raté, je ne peux pas faire cela, j’apprends lentement » et du coup cela te conditionne à vivre cela de la même façon la fois prochaine : « Ah voilà, Je me suis encore trompée, je n’apprends rien, je n’y arriverai jamais ».

Ghislaine :
Je mettais beaucoup plus de force dans le travail que dans la compréhension de ce que je faisais. Du coup, je travaillais d’une façon besogneuse, travailler, travailler, travailler…en ratant à chaque fois et sans me demander ce que je pouvais en apprendre.

David :
Tu comprends maintenant comment cela marche ? Aborder la situation avec un mode d’échec peut vraiment ralentir ton apprentissage. Bien sûr, tu peux mal interpréter cela et en déduire que tu es lente à apprendre. Et cela devient un trait de caractère, au lieu de voir ce qui te ralenti c’est la façon dont tu t’y prends. Parce que le seul moment où l’apprentissage pourrait avoir lieu ( en continuant) , c’est ce moment où tu t’arrêtes. Quand on y pense, ce sont réellement les seuls moments où l’apprentissage pourrait se faire.

Après avoir traversé ce travail, où en es-tu par rapport à ce que tu disais au début, ta sensation de vivre les choses superficiellement, à cinquante pour cent ?

Ghislaine :
Par rapport à tout à l’heure, effectivement cela me paraît ne plus avoir de sens là maintenant. Je vois à quel point c’était un jugement que j’avais sur moi même.

David :
En étant enfermée dans cette façon de voir les choses, peux-tu voir que c’est quasiment inévitable que tu aies un jugement ?

Ghislaine :
Eh oui, dans la mesure où ça n’évolue pas.

David :
Oui et cela devient un cercle fermé, il n’y a pas de sortie tant que tu restes dans la construction de ce concept.

Bien sûr ceci nous montre pourquoi nous avons besoin d’une approche comme LearningMethods pour sortir de ce cercle.

Par exemple, quelqu’un qui est en dehors de cette façon de voir les chose peut nous aider à briser ce cercle en nous montrant ce qui ne fonctionne pas dans la construction de nos mauvaises conceptions? Mais si on se demande comment peut-on sortir d’un cercle par soi-même, le moyen le plus simple et le plus directe (et aussi peut-être le seul !), serait d’utiliser soi-même l’information qui nous est accessible lorsque l’on est piégé dans un cercle. Et ce que nous avons toujours, ce sont nos symptômes tangibles qui nous arrivent à un moment donné. Si nous pouvons les utiliser pour nous réveiller, on peut alors commencer à voir ce qui nous arrive d’une façon systématique.

Je t’ai aidé à faire cela. Ensemble, nous avons parcouru en détail ce que tu pensais et ressentais. C’est important là d’être sûre que c’est bien ce que tu penses et ce que tu ressens au moment où tu es en train de vivre le problème et pas ce que tu analyses après coup. Ce sont deux choses différentes.

En regardant avec précision tout ce qui t’es arrivé, et tes idées et sensations de ce moment, nous avons pu passer des phrases non terminées au détails explicites et à ta compréhension de la situation. Sinon, ce qui se passe souvent c’est que l’on s’arrête à des phrases comme « J’ai peur de ne pas aboutir » et si quelqu’un d’autre n’avait pas vu que ce sont des phrases non terminées, il aurait dit : « Oui, je vois, ce que tu veux dire, ne pas réussir, c’est dur ». Et notre capacité de compréhension se termine là, même si ce n’est pas du tout la fin du problème.

Mais lorsque nous pouvons entendre ces phrases non terminées : « J’ai peur de ne pas aboutir » et que l’on te demande « ne pas aboutir à quoi ? » puis on ne s’arrête pas à « obtenir ce qui me ferait plaisir » mais on te demande « qu’est ce qui te ferait plaisir » et ainsi de suite…Nous avons un moyen de faire sortir l’idée qui se révèle ainsi que tous les détails sur ce qui s’est passé.

Avec ces informations, on peut commencer à voir quels sont nos idées et nos interprétations. On peut aussi vérifier que nos idées correspondent aux faits en détails de ce qui s’est passé. Pour ainsi dire, nos concepts sur ce qui s’est passé sont-ils justes ? Peut-on parler de rater quelque chose si en voyant les choses en détail, il en ressort que tu ne sais pas encore ce qu’il s’est passé ?

Une fois que toute l’information a été mise à plat et que l’on a questionné notre façon de voir les choses, on peut voir s’il existe une autre interprétation de ces faits qui soit plus juste. Dans ces moments-là, ce qui a besoin d’être appris ressort et on peut apprendre.

Sans tous ces outils pour arriver à avoir tout en détail pour vérifier la justesse, nous sommes enfermés dans la réalité de notre interprétation sans savoir que c’est une interprétation.

Ghislaine :
Maintenant, je ressens bien le moment où je n’arrive pas et je sens qu’à ce moment-là plutôt que de me poser des questions, il y avait une fuite. C’était plus facile d’aller tout de suite dans l’interprétation

David :
Étant donné ta façon de voir les choses, tu vivais ce moment encore et encore avec force et émotion. Donc ta réponse de vouloir éviter, fuir ces moments est compréhensible. De ton point de vue, c’était dur à vivre parce que tu ne t’en sortais pas et aussi parce qu’un échec en dit long sur toi et sur tes capacités.

Quand on voit les choses autrement, il y a peu de charge émotionnelle. Cela ne dit rien sur toi si ce n’est que cela te montre où tu en es dans ton apprentissage et ce qui est une bonne chose qui est importante à savoir. Donc maintenant, il n’y a rien à fuir. A l’inverse, tu veux pouvoir rencontrer ce type de situation pour pouvoir apprendre.

Alors pourquoi fuir ce que tu recherches ? Ce sont des occasions d’apprendre. Quoique tu apprennes, tu seras une meilleure artiste. A chaque fois que tu rencontrera ces moments de cette façon-là et que tu en apprendra quelque chose, tu verras de plus en plus ces moments comme constructifs et ils te permettrons d’apprendre plus vite et cela t’aidera pour les fois prochaines.

Ghislaine :
C’est une approche complètement différente.

David :
C’est pour cela qu’elle s’appelle LearningMethods (Méthode d’apprentissage).

Ghislaine :
Je me rends compte à quel point le conditionnement dans le quel je suis, c’est complètement emprisonnant, cela limite nos possibilités, et ce n’est pas une réalité en soi.

David :
Tu as entièrement raison, c’est une totale illusion quand on observe la situation de près. Sauf qu’au moment où tu la vis, elle te paraît vrai, avec les émotions, les réactions, les sensations et pensées qui vont avec.

Remarque que quelque chose d’intéressant au sujet du fonctionnement de ces choses. Nous sommes piégés dans une sorte d’illusion, notre vécu est mauvais on utilise des mots comme peur, frustration, échec etc. Ce vécu négatif va de pair avec le cercle vicieux des conceptions fausses. Donc, il ne nous manque pas de signes qu’il y a un truc qui ne va pas. Si nous pouvons reconnaître ces mauvaises expériences comme des signaux qu’il y a un truc qui n’est pas juste au lieu de dire « J’ai tort » ou « Il y a un truc qui cloche chez moi », alors nous avons un signal d’alarme qui peut nous amener à explorer d’une façon systématique pour trouver ce qui ne va pas, ce qui s’est passé et faire ressortir ce qui est pas constructif.

Dans ton cas, c’est de dévoiler ce faux concept que tu crois être lente à apprendre. Comme si tu pouvais réussir à faire quelque chose que tu ne sais pas encore. Alors la seule chose que tu n’as pas réussi à faire c’est d’être plus en avance par rapport à là où tu te trouves vraiment. Et le moyen d’aller de l’avant, c’est d’utiliser ces moments pour apprendre de ce qui s’est passé.

Je sais, je me répète, mais je pense que cela a du bon de répéter les mêmes choses différemment, pour que l’on puisse voir une même chose sur plusieurs angles. En d’autres termes, si on inverse les choses, serait-il possible pour nous d’être piégé dans ces conceptions fausses sans avoir un certain type de symptôme ou problème ?

Ghislaine :
Le symptôme est la révélation que la chose est mal vécue, pas justement.

David :
Tout à fait, on peut se poser la question, c’est un symptôme de quoi ?

Ghislaine :
Cela me fait un effet d’allégement terrible, comme si les choses après pouvaient être simples. Et prendre la vie à chaque moment où elle est et pas où j’aimerais qu’elle soit.

David :
C’est intéressant n’est ce pas cette idée sur ce que nous pensions que nous aimerions dans notre vie, comme si cela pouvait être une très bonne chose. Et la vie telle qu’elle est ne nous semble alors pas si bonne comparée à cette jolie idée sur ce qui devrait être. Et du coup, cela renforce l’idée que cela serait si bien si ma vie était telle que je la veux.

Sauf que ce que l’on ne réalise pas c’est que d’un côté, on a une idée sur comment la vie devrait être et de l’autre côté, il y a la vie pour de vrai qui est différente de cette idée. Et le vécu de tout cela nous fait souffrir. Bien sûr, ce qui fait que je suis piégée là dedans est le fait que je crois que cette souffrance est à cause de ma vie telle qu’elle est vraiment. « La vie est dure, c’est difficile de vivre, n’est ce pas ? »

Mais est-ce le cas ? Ou cette souffrance n’est-elle pas causée par cette jolie idée ou idéal ? Généralement, on ne tient pas compte du fait que tous ces éléments se produisent d’une façon simultanée. Je m’agrippe à cet idéal de façon continu. En même temps, la réalité est là tout le temps, et diffère de mon idée de ce qui devrait être. En même temps, je me sens continuellement malheureux.

Tiens, tiens… Peut-être que toutes ces choses font partie d’une même chose ? Peut-être que l’expérience de malheur est l’expérience de s’agripper à une idée qui ne correspond pas à la façon dont les choses sont ?

Alors ce n’est pas cette soi disant belle idée qui cause des mauvaises expériences, c’est cette idée qui est toutes ces mauvaises expériences. Comment est-ce qu’un idéal peut-être si bon si le vécu de cet idéal est aussi douloureux ? Mais peut paraître paradoxal tant que nous ne voyons pas que dès que je maintiens cette idée, cette idée est différente de la réalité, mais c’est cette idée qui devrait être, alors je serais malheureux.

Mais bien sûr, le vrai problème ici est que nous ne voyons pas les choses justement. La vie nous montre tout le temps comment ça marche… …Et on la voit tout le temps aussi. C’est comme cela que l’on peut dire qu’elle n’est pas comme ce que nous aimerions, même chose que pour le dessin.

C’est surtout que cette jolie idée nous séduit tant et nous avons investi tant de désirs et avons expérimenté tant de bonnes sensations en la contemplant, qu’elle paraît plus vrai que la réalité. C’est ce qui devrait être. En d’autres termes, l’idée est devenue fixe et ne peut plus s’ajuster à ce qu’il y a.

Donc dans ces moments continuels où la vie nous montre avec persistance comment les choses fonctionnent, nous n’y voyons rien. On se dit que la vie n’est pas bonne et nous essayons de changer la vie pour qu’elle corresponde à notre idée. Ca nous est pas venu à l’esprit de changer nos idées pour qu’elles correspondent à la réalité. On ne peut pas voir les 2 choses : notre idée et notre vie, pour voir clairement qu’est ce qui est réel et qu’est ce qui ne l’est pas. Si on arrivait à voir clairement ce qui est réel, cela serait évident lequel choisir.

C’est un choix évident parce que tu sais maintenait par ton vécu le prix que cela coûte d’avoir mal perçu la réalité. Ou plutôt, c’est un choix évident, parce que tu as aussi l’expérience vécue de ce qu’il se passe quand tu vois la réalité d’une façon plus juste. Tu sens « un effet d’allégement terrible, comme si les choses après elles pouvaient être simples. Et prendre la vie à chaque moment où elle est et pas où j’aimerais qu’elle soit. »

 

Le lendemain :

Ghislaine a téléphoné le lendemain et a dit qu‘elle s’est sentie vraiment libérée, comme si un grand fardeau avait été retiré. Elle a peint toute la journée. Elle n’a pas rencontrée de peur ou de découragement et si parfois ces dessins étaient différents de ce qu’elle voulait, c’était pas si grave et elle pouvait facilement continuer à dessiner et à apprendre. Elle a aussi dit qu’elle avait trouvé que cela avait des répercutions positives dans d’autres aspects de sa vie.

 

Une semaine plus tard, Ghislaine raconte ce que la leçon lui a apporté:

Ce que j’ai aimé dans ce travail c’est le respect de ce que j’étais moi, c’est à dire qu’à aucun moment David ne m’a imposé ce qu’il était lui. J’ai bien senti que mes valeurs n’étaient pas déstabilisées, mes valeurs restaient et c’est dans mes valeurs que le travail se fait. Cela m’a permis de ne pas avoir peur, de rester là et de laisser les choses s’imprégner et s’intégrer.

Ce travail a été fait dans mon espace vital ce qui m’a permis de réintégrer ce que j’étais moi.

Du coup je sens que j’ai encore beaucoup de choses à apprendre mais je me sens en accord avec ce que je suis aujourd’hui. Cela est important car sans cette harmonie que j’ai retrouvée je ne pouvais avancer, j’étais complètement enfermée dans une situation qui n’existait pas vraiment et je ne pouvais pas en sortir et continuer à avancer.

En fait je réalise que les informations (les connaissances artistiques), je les avais, aujourd’hui elles me reviennent. Toutes les informations que j’ai entendues lors des cours (depuis quatre ans) je les avais mais je ne m’en servais pas. Aujourd’hui, au fur et à mesure que je travaille, elles me reviennent et je les utilise. Ce qui me paraît fou c’est qu’avant, je ne pouvais pas les utiliser, ce n’était pas possible. Le professeur avait beau me répéter mille fois la même chose, cela ne rentrait pas, je ne comprenais rien. Alors qu’aujourd’hui, je ne l’ai pas vu depuis un moment, mais j’avais bien dû les entendre puisque je m’en sers maintenant, c’est là et qu’est ce que c’est simple et facile ! Je réalise à quel point je ne pouvais pas entendre. J’entendais avec mes oreilles mais cela s’arrêtait là, c’était impossible d’avancer dans cette situation. En étant dans la frustration tout ce qui était essentiel, je ne le voyais pas.

Quelle légèreté, quelle légèreté de pouvoir dire : « Et bien oui, cela je peux le faire ».

Je suis satisfaite de mon niveau aujourd’hui. Je trouve que cela n’est pas si mal que ça. Sans prétention par rapport au travail que j’ai fait, j’avais toujours l’impression d’être une débutante alors qu’aujourd’hui je me rends compte que je n’en suis pas une. Mes capacités sont là mais il fallait les voir et y croire.

C’est incroyable !

En même temps, je suis quand même triste de penser que toutes ces années j’ai un peu perdu mon temps. En fait, j’étais en décalage dans une situation qui n’était pas une vérité. Tant mieux aujourd’hui mais c’est quand même une tristesse de regarder derrière et de réaliser que je n’avançais pas et que j’ai perdu du temps. La vérité du moment c’est que je souffrais et je voulais me débarrasser de ce poids.

Avant je me sentais comme s’il y avait un dédoublement en moi où je n’étais ni dans l’un ni dans l’autre. Je me regardais faire sans y être ni d’un côté ni de l’autre. Et c’était ce que je reproduisais dans le dessin et dans toute ma vie. En étant sans arrêt en frustration de tout, en étant toujours plaintive lorsque je parlais aux autres. J’étais en frustration, en plainte de vie, en plainte de tout. Je ne me sentais jamais vivre. Comme si je restais en retrait, il y avait celle qui pouvait et celle qui ne pouvait pas. Je n’étais que dans les idées mais pas dans la réalisation.

Je vois à quel point l’idée peut m’amener à régresser et à être moins que ce que je suis réellement. Ca me permet aussi de voir à quel point je n’aurais jamais pu trouver tout cela toute seule. Je réalise que j’aurai pu passer ma vie là-dedans ! Je n’étais pas dans la réalité de mon niveau parce que j’étais bloquée par une idée !

J’aime beaucoup le travail des corps, c’est ce que je préfère. Mon prof me disait regarde les contours, prends les vides, les pleins. Je me disais mais de quoi il me parle. Aujourd’hui je comprends, au moment où il me l’expliquait c’était impossible à voir, je ne sais pas expliquer pourquoi. Il y a avait un tel enfermement, je ne pouvais pas voir. Cela fait seulement une semaine que j’ai eu le cours avec David.

Il y a un décalage entre avant le travail avec David et aujourd’hui, depuis toutes ces années, toutes ces années que j’entends sans entendre en croyant que j’étais nulle. Aujourd’hui, ce qui est merveilleux c’est que je sente un horizon. Mon objectif est d’avancer, de progresser, même si ma peinture ne plaît pas aux autres. Si cela me plaît à moi, c’est déjà bien, et avec cet horizon aujourd’hui, c’est la joie pour moi !

Sans compter que cela n’a pas seulement débloqué le dessin. Obligatoirement en croyant en moi pour un dessin je crois en moi dans la vie, dans la relation aux autres. Dans tout ce que je vis parce que je suis là. Aujourd’hui j’existe bien plus que ce que j’existais il y a une semaine !

Lorsque j’allais à des expositions de peinture, je me disais, cela me paraît simple. Je me sentais capable de faire les oeuvres que je voyais. Quand il fallait le peindre, c’était difficile. Il y avait un décalage entre ce que j’avais ressenti en voyant le tableau, et la réalité lorsque je me mettais à l’oeuvre. Je n’avais jamais compris ce qui se passait à ce moment là. Je ne voyais plus ce qui se passait, si ce n’est que le résultat ne correspondait à ce que j’avais estimé.

Maintenant, je m’aperçois que mon estimation était juste parce que aujourd’hui, la réalisation de ce que j’aime me paraît plus facile. Bien sûr, ce n’est pas toujours ce que je veux, mais cela s’en rapproche. C’est évident qu’il y a du travail à faire mais cela ne me terrorise plus. Aujourd’hui cela se rapproche plus de ce dont je rêvait avant. Mine de rien je n’étais pas loin.

Avant cette frustration fessait que cela n’avançait pas. Ce n’était pas une réalité mais ça m’empêchait de faire ce que je pouvais réellement faire. J’étais quand même consciente que je pouvais faire mieux. Mais je ne trouvai pas la solution entre le moment où j’étais consciente que je pouvais bien faire et la réalité, comment m’y prendre. C’est fou parce que je n’en étais pas loin puisque qu’aujourd’hui, j’y suis. Avec cette nouvelle libération, je suis plus haut, mon niveau est plus élevé sans avoir travaillé.

Dans l’espace d’une semaine, c’est incroyable.

  

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Au sujet

David Gorman était artiste et intéressé par l’anatomie humaine quand il est « tombé » sur la Technique Alexander en 1972 et a immédiatement reconnu son grand pouvoir de changement. Il a suivi sa formation à Londres avec Walter Carrington, est devenu professeur de la technique en 1980, juste avant la parution de The Body Moveable, son texte illustré de 600 pages sur notre merveilleuse structure humaine qui en est maintenant à sa 6ème édition.

Avec son expérience de la connaissance anatomique il a eu la chance d’être invité à enseigner dans de très nombreux centres de formation à la Technique Alexander autour du monde ainsi que des cours de formation pour Feldenkrais, l’ostéopathie, la chiropractie, le massage, pour des médecins dans des hôpitaux et des cliniques de rééducation, et dans de nombreuses universités d’art du spectacle, des orchestres et des conservatoires.

Il a donné la Conférence commémorative de STAT sur FM Alexander en 1984, intitulée « Réflexion sur nos réflexions sur nous-mêmes », et a été directeur d’un Centre de Formation pour professeurs de la Technique Alexander à Londres des années 80 à 90. Il a été l’Assistant Editeur de la Revue Alexander, un membre du Conseil de STAT, un membre fondateur de CanSTAT, NASTAT (AmSTAT) ainsi que le principal architecte du statut des Sociétés Affiliées, et du processus de certification par parrainage d’ATI. Il est également l’auteur de Looking at Ourselves, un ensemble d’articles en anglais sur la Technique Alexander.

Avec le temps, son changement de compréhension à propos des causes premières des problèmes des gens l’a conduit à continuellement améliorer son enseignement de la Technique Alexander pour trouver des chemins toujours plus efficaces pour aider la transformation des personnes et particulièrement à devenir autonome dans leur apprentissage.

Il est aussi devenu clair qu’un grand nombre des difficultés des gens ne se résumaient pas uniquement à leur usage physique mais avaient à voir avec leurs idées, leurs croyances et pensées, aussi David a développé une nouvelle approche complémentaire, LearningMethods (et , Anatomy of Wholeness à propos de notre système de coordination humain), pour aider les gens à explorer et à changer dans ces domaines. Ce travail multi-facettes est à présent intégré dans le programme d’écoles d’art du spectacle en Europe, au Canada, et aux Etats-Unis grâce au nombre croissant de enseignants de LearningMethods.

David écrit un nouveau livre, dont certaines parties seront rapidement disponibles en format livre or e-book, et depuis plusieurs années à présent il dirige un apprentissage modulaire en LearningMethods, Technique Alexander, et l’Anatomie de la Globalité « Anatomy of Wholeness », devenant pionnier de nouvelles voies d’apprentissage et d’enseignement par le biais de vidéo conférences en ligne.

DAVID GORMAN
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