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Être en forme
Extraits d’une Conversation avec David Gorman
Interviewé par Sean Carey, PhD
Première parution dans "The Alexander Review", Vol.4, 1989
Traduction : Eillen Sellam et Alison Murray
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Copyright © 1997 David Gorman, droits réservés dans le monde entier
Sean Carey:
De nos jours beaucoup d’entre nous ont un programme de remise en forme. Les motivations
sont variées, une des plus courante est de vouloir obtenir une bonne résistance cardio-vasculaire.
Très souvent le sport est considéré comme l’antidote de notre travail sédentaire. En tant qu’enseignant
de la méthode Alexander, qu’en pensez-vous?
David Gorman:
Les gens ont le sentiment que leur travail n’est pas assez "physique", et leur demande seulement
un effort mental. Très souvent ils sont motivés par leurs peurs: "je vais avoir une crise cardiaque
ou je vais avoir mal au dos." Il faut que je fasse une activité sportive pour mon coeur et pour
devenir plus fort. Une autre motivation va être de rattraper le temps perdu pour retrouver au plus
vite sa forme; ce qui nous amène à penser qu’il faut souffrir pour être beau et en pleine forme.
Si l’exercice n’est pas soutenu il ne va pas nous rendre fort, et s’il n’y a pas de douleur, ça
ne va pas marcher!
Mais que cherchons-nous à accomplir lorsque l’on veut à tout prix être plus
fort? Bien entendu, si la personne n’est pas dans le processus de changer ses habitudes, elle va
les renforcer en alimentant « le cercle vicieux des habitudes ». En d’autres termes, si nous sommes
contractés lors de nos activités quotidiennes, nous le serons encore plus lorsque nous faisons
des exercices. Plus on se contracte dans ce type d’exercice qui nous rend ferme et dur si on utilise
par exemple des poids et des appareils de musculation, plus on va avoir besoin d’atteindre une
résistance cardio-vasculaire importante pour que le sang puisse circuler à travers les muscles
noués et tendus. En fait, c’est assez révélateur que quelqu’un vive lors d’une leçon Alexander
une profonde détente qui va diminuer ses tensions musculaires, sa tension artérielle peut chuter
si brutalement qu’il va voir des taches noires, se sentir étourdi et cela peut aller jusqu’à l’évanouissement.
Si cette personne se relâche, le sang peut circuler librement au lieu d’être comprimé dans des
muscles crispés. Cela démontre clairement à quel point le coeur doit travailler lorsqu’une musculature
est très tendue. Avant cette expérience de détente profonde, la seule chose que nous pouvions vivre
est cet exubérant et séduisant sentiment de satisfaction qui suit l’effort.
Sean Carey:
Récemment, des écrivains spécialisés dans le domaine du sport s’éloignent de cette idée simpliste
qu’une bonne résistance cardio vasculaire équivaut à être en bonne santé. Le docteur Dr. Kenneth
Cooper’s Running Without Fear, (Bantam Books, 1986) le démontre clairement dans son livre
où il essaye de répondre aux opinions et peurs suscitées par la mort de Jim Fixx le "dieu" de la
course américaine lors de son entraînement en 1984 (auteur du The Complete Book of Running,
Random House, 1977). Il énonce que les gens ne devraient pas se surmener, devraient avoir des examens
médicaux réguliers, et c’est un mythe de croire que plus on fait du sport plus on va être en bonne
santé. Bien que ses conseils soient sensés, Cooper ne considère pas la chose fondamentale qui est
notre utilisation si ce n’est dans le cas des crises cardiaques qui sont souvent la conséquence
d’une mauvaise utilisation de soi.
David Gorman:
Oui, c’est déjà mieux quelle que soit l’activité de moins forcer, mais avec ou sans force, il est
évident que si on ne change pas notre utilisation, alors on ne change pas la base, on exerce seulement
nos habitudes avec plus de force et de vigueur. S’ils n’ont pas changé leur utilisation, ils n’ont
pas changé les schémas neuromusculaires construits au cours des années. Ils continuent à renforcer
ces connections neuromusculaires ainsi que l’organisation des muscles, les facias, les articulations
et bien-sûr se rattachent à la même expérience sensorielle. Au lieu de se poser cette question:
« comment changer ce mouvement pour que je puisse le faire mieux? » on devrait explorer plutôt:
« comment changer le "je" générateur du mouvement? » Le mouvement va obligatoirement changer
en fonction de mon changement. En d’autre termes, c’est bien de se modérer, mais vous avez raison,
sans changer la base, il y a toujours une faille dans notre système peu importe les bienfaits procurés
par le sport.
Sean Carey:
Beaucoup de professeurs Alexander vont dans l’autre extrême et découragent leurs élèves de
pratiquer une activité que ce soit courir, ramer ou faire de la musculation. Apparemment ça cause
problème puisque les gens vont répondre: « Alors, que vais-je faire à la place? j’ai envie
de faire une activité ». Cela me parait une question légitime.
David Gorman:
Évidement si quelqu’un aime faire une activité tant mieux s’ils peuvent la faire avec une bonne
utilisation. D’un autre côté, s’ils ne peuvent pas s’utiliser mieux et ils persistent malgré ça
, c’est leur choix et ils doivent en assumer les conséquences. Mais ce n’est pas si simple que
ca . Je vous donne un exemple, je donnais des cours à un passionné d’aviron. Assez vite, cela parut
évident qu’il ne faisait pas beaucoup de progrès dans la méthode Alexander à cause du temps qu’il
consacrait à l’aviron et les efforts fournis, le résultat était un torse affaissé et un dos courbé.
Donc je lui ai dit qu’il avait deux possibilités. Soit , d’arrêter l’aviron pendant un certain
temps pour apprendre la méthode et reprendre en suite en voyant s’il pouvait l’appliquer; soit
de continuer à ramer en atténuant l’effort, en allant moins vite et prenant le temps d’explorer
sa façon de ramer. Judicieusement, il choisit la deuxième possibilité. Je suis allé travailler
avec lui dans son club lorsqu’il utilisait les machines et je l’ai observé lorsqu’il ramait dans
la rivière. Ca a été très efficace et ( ce n’était pas une coïncidence) il ramait plus vite et
plus facilement lorsqu’il retourna faire de la compétition. En fin de compte, il avait décidé de
la façon de travailler. Ce n’était pas au professeur de choisir. On ne peut qu’exprimer ce que
nous ferions à la place de l’élève ce qui lui parlera peut-être. Je pense que souvent il ne s’agit
pas de dire à l’élève que son activité n’est pas bonne et qu’il devrait l’arrêter. Il s’agit plutôt
de changer l’approche et de travailler avec eux de telle sorte qu’ils deviennent sensibles à leur
utilisation pour qu’ils puissent remarquer s’ils s’utilisent mal dans l’activité qu’ils sont en
train de faire. Si nous voulons, en tant que professeur, que nos élèves développent un système
d’évaluation de leur propre utilisation, alors il faut leur permettre de faire leurs propres expériences
et de découvrir ce qui marche ou ne marche pas pour eux.
Plus ils vont développer ce système, plus ils pourront savoir si une activité
donnée peut avoir de la valeur pour eux à un moment précis.
Sean Carey:
Oui, je partage votre point de vue, et on met souvent de côté ce système d’évaluation même
lorsqu’on cherche à introduire des moyens pour obtenir une meilleure coordination lors de certaines
activités. Par exemple, l’anatomiste Philip Tobias a trouvé certaines similarités entre la danse
classique et le karaté. Il écrit:
« J’ai eu la chance de travailler avec un maître de Karaté à Johannesburg et
une troupe de danseurs classiques très enthousiastes. Cela m’a permit d’avoir une meilleure compréhension
des mouvements utilisés pour ces deux activités. Entre autre, j’ai compris que pour obtenir une
bonne dextérité il faut acquérir un bon équilibre. Et pour cela convertir les mauvaises postures
en éliminant les torsions, les rotations du corps. »
(The Tottering Biped, Committee in Postgraduate Medical Education, University of New South
Wales, 1982:56)
Tobias suggère que le simple fait de pratiquer le karaté ou la danse permet
d’être équilibré. Cependant, d’après mon expérience sur plusieurs formes de karaté, ce n’est pas
aussi simple. En plus, souvent le karaté est enseigné de façon tendue. L’idée d’effectuer un mouvement
dans l’ouverture et la détente est peu répandue. En fait, il y a quelques semaines, je discutais
avec un homme qui pratique le style Shotokan de Karaté. Il m’a fait une démonstration de gestes
de défense, coups de pieds et coups de poings. Il utilisait beaucoup d’efforts et de tensions parce
qu’on lui a appris à tirer ses épaules en arrière, ce qui raccourcit son torse, et crispe ses jambes.
David Gorman:
Je pense qu’il est possible de pratiquer le karaté en s’utilisant bien, mais bien-sûr, ce n’est
pas possible si on commence en hissant ses épaules. Comme vous l’avez suggéré ce n’est pas le fait
de pratiquer le karaté, la danse ou le t’ai chi qui apporte automatiquement un équilibre. Il en
est de même en ce qui concerne la méthode Alexander. C’est la façon dont on effectue l’activité
qui compte. Cependant, je suis d’accord avec les propos de Mr Tobias, nous avons besoin d’un bon
"équilibre" et de bonnes postures pour obtenir une bonne coordination; sinon il demeure une faille
à la base, peu importe l’activité. Quelque soit le moyen utilisé, le travail consiste à trouver
comment nous interférons avec notre propre équilibre pour le laisser fonctionner naturellement.
Il n’y a pas de doute, presque toutes les méthodes offrent à chacun la possibilité de se réaliser
de façon harmonieuse — par exemple le Zen dans l’art chevaleresque du tirc à l’arc — mais il suffit
de regarder autour de soi pour voir que cela arrive peu. Même si cette réalisation est possible,
la technique s’adresse directement (et la réussite n’est pas toujours garantie!) à ces territoires
de mauvaises postures/postures, déséquilibre/équilibre, action/réaction etc. De ce point de vue,
la méthode Alexander est une pré-méthode qui offre une base pour sortir de sa mauvaise utilisation
vers une meilleure pour pouvoir tirer profit de la méthode lors de notre activité favorite que
ce soit, la danse, le karaté, un sport ou la vie en elle-même.
En ce qui concerne la danse classique, c’est une problématique particulière.
Cette forme de danse est apparue dans le contexte artificiel et stylisé de la Cour Française. Pour
éloigner l’aspect naturel des courtisans, cet aspect animal et pour que la vie devienne un art!
Avec un tel passé, il est difficile de se libérer de ces valeurs. Il y a une grande différence
avec les formes de danses contemporaines plus libres et par la même , les danses traditionnelles
de Bali ou d’Afrique. Le problème de base réside dans la façon dont les danseurs essayent
d’obtenir le style classique. La plupart ont appris à bouger en imaginant une ligne qui les traverse
et les tire vers le haut et cela fait partie de leur identité en tant que danseur classique. Après
des heures et des heures de pratique ils deviennent très habiles contrôlent cette raideur, le plus
important étant l’esthétique du mouvement. Ils ne sont pas en contact avec leur sensation interne
et se concentrent surtout sur l’aspect visuel de leurs mouvements.
Sean Carey:
En d’autres termes, vous dites que la danse classique est un art artificiel qui implique tellement
de tensions que c’est impossible de danser en ayant une bonne utilisation de soi?
David Gorman:
Je n’irai pas aussi loin, car il est possible de travailler avec les danseurs classiques pour qu’ils
dansent avec moins de tensions, en se dégageant de cette idée de contrôle; ils peuvent expérimenter
une détente dans le mouvement. C’est moins évident de travailler avec eux plutôt qu’avec des danseurs
modernes qui ont plus de liberté pour explorer le plaisir et la globalité du mouvement. Mais bien-sûr
cela dépend de la personne. Certains danseurs classiques sont très ouverts et réceptifs à ce travail.
Il ne faut pas oublier que nous travaillons avec des individus qui ont chacun leur propre histoire.
Sean Carey:
On pourrait s’adresser aux danseurs classiques en leur suggérant de continuer à danser comme
à leur habitude et d’introduire la méthode Alexander dans leur vie de tous les jours en dehors
de la danse.
David Gorman:
De toutes les manières, ont en est tous là à un certain niveau. C’est impossible de penser tout
le temps à la méthode, et plus l’activité est complexe, plus l’application de la méthode est difficile.
C’est pourquoi une leçon commence traditionnellement par une activité aussi simple comme s’asseoir
et se lever de chaise, marcher, ramasser quelque chose, pour que les élèves expérimentent suffisamment
des outils qu’ils pourront utiliser pour d’autres activités plus complexes. Il est plus facile
d’être conscient de son utilisation lorsque l’on se promène dans la rue que lorsque l’on est musicien
professionnel et que l’on joue seul sur scène où on ne peut pas vraiment s’arrêter de jouer pour
dire: « attendez un instant, là je me suis mal utilisé, je vais arranger cela et puis je continuerai
à jouer ensuite ». Mais tous les artistes répètent et c’est à ce moment là qu’ils peuvent commencer
à expérimenter la méthode. Et c’est mieux si nous pouvons en plus les aider en tant que professeurs.
Si un élève peut passer du temps à s’exercer en mettant l’accent sur son utilisation plutôt que
sur l’aspect technique de leur art, alors ils pourront de plus en plus être capable d’intégrer
la méthode Alexander dans leurs vies et face au stress de la scène. Si en utilisant ce processus,
ils se rendent compte que leur utilisation a changé au quotidien mais pas dans leur activité, alors,
ils doivent décider s’ils veulent continuer leur activité. Un danseur par exemple qui expérimente
une nouvelle qualité de mouvement plus libre et plus d’unité aura peut-être le souhait de s’orienter
vers une forme de danse différente. Mais c’est à eux de faire choix compte tenu de leur expérience.
Sean Carey:
Si nous parlons maintenant des exercices isométriques où par exemple on pose les mains sur le chambranle
d’une porte et l’on pousse fort de chaque côté, qu’en pensez-vous?
David Gorman:
Je dois avouer que je ne suis pas un fan des exercices isométriques car on exerce un effort, on
pousse contre une résistance rigide et c’est presque impossible de ne pas se contracter. En y réfléchissant,
la plupart des mauvaises utilisations sont des contractions isométriques. On se contracte dans
des positions fixes contre notre propre résistance. Au lieu de pousser ou tirer contre une chambranle
ou une machine, on tire ou on pousse une partie de soi contre une autre partie de soi. Apparemment,
cela ne nous réussit pas, je ne vois pas de raison pour que cela marche contre une porte. Si on
peut déjà s’utiliser de façon plus ouverte sans se rétrécir, il y a plein d’autres activités à
faire plutôt que de s’utiliser en poussant contre une porte. Cependant, après avoir dit tout cela,
j’aimerais rajouter que cela est vraiment le choix de chacun de faire ce qu’il veut de sa vie.
Mon travail est d’aider les gens à découvrir leur façon d’agir, les conséquences de leurs actes
pour qu’ils puissent être maîtres de leurs choix.
Sean Carey:
La dernière fois que nous avons discutés, vous m’avez dit que vous aviez des idées
intéressantes au sujet des machines de Nautilus.
David Gorman:
Ah, oui, les professeurs Alexander ont tendance à être élitistes au sujet de l’aérobic, de la gymnastique
et activités similaires, mais on peut aussi se dire que les équipements dans les salles de gym
( les machines de Nautilus sont les plus communes ) sont des bonnes occasions pour explorer notre
habileté à nous utiliser. En fait, il y a des occasions dans quasiment toutes les activités ou
situations pour utiliser "nos outils Alexander" si nous sommes prêts à lâcher nos préjudices.
Pour revenir à l’utilisation de ses machines, les machines de Nautilus sont
constituées de plusieurs appareils, qui sont tous conçus pour travailler sur une partie spécifique,
un pour les quadriceps, un pour le haut de la poitrine, un pour les cuisses, etc. Le nom Nautilus
vient en fait d’un mécanisme d’engrenage qui a la forme d’une coquille de nautilus dans la machine
qui fait en sorte que l’effort pour soulever les poids soit constant. La force nécessaire pour
bouger les poids est plus forte lorsque l’on est au milieu du mouvement où le muscle est capable
de plus de force. La force nécessaire diminue vers la fin du mouvement lorsque la capacité musculaire
diminue. Généralement, il y a un banc ou un siège pour s’allonger ou s’asseoir, et on tire ou pousse
les poignées ou barres pour soulever les poids et travailler sur des parties spécifiques. Le poids
varie, généralement par unité de quatre kilos, de zéro ou quatre kilos à 50 kilos. Vous utilisez
une machine et faites une série d’exercices, en choisissant les poids, puis vous continuez avec
la machine suivante et faites une autre série, et ainsi de suite avec toute l’étendue des machines
jusqu’à ce que l’ensemble du corps ait travaillé.
Cependant, ce que font la plupart des gens, c’est d’en faire trop, ils mettent
le poids maximum qu’ils peuvent bouger lors d’un cycle de répétitions. Avec cette quantité de poids,
ils ne peuvent pas le bouger de façon libre et ouverte mais ils le font en se raidissant. Lorsqu’un
élève vient en leçon, c’est facile de voir s’il a été à la gym le jour précédent. Ils arrivent
tout en tension, durs, fermes, compacts.
Ils pensent qu’ils deviennent plus fort et c’est vrai, ils deviennent plus fort
à se ramasser en eux et à utiliser leur énergie contre eux même en se fortifiant et se raidissant.
De notre point de vue, ceci n’est évidemment pas souhaitable, même si c’est considéré comme une
vertue dans notre "culture de gym" d’avoir un corps dur.
Cependant d’une façon intrinsèque, il n’y a rien de mauvais dans ces machines.
Si vous êtes prêts à changer la façon dont vous vous utilisez, elles peuvent vous apporter beaucoup.
La première étape est de retirer tous ces poids et de mettre le poids qui vous permet de faire
les mouvements sans forcer et sans se raidir. D’après mon expérience, pour la plupart d’entre nous,
c’est souvent pas plus de 5 kilos pour commencer. Malheureusement, je n’ai pas eu l’occasion de
travailler avec quelqu’un qui utilise ces machines suffisamment longtemps pour voir s’ils peuvent
augmenter le poids par la suite. Lorsque j’ai aidé quelqu’un, 5 kilos était suffisant pour un bonne
séance d’entraînement..
Prenons l’exemple de la machine qui fait travailler les pectoraux. Vous êtes
assis droits, les bras sur les côtés et les avants bras en haut, vous pressez les appareils pour
amener les bras devant vous, puis les bras retournent sur les côtés et ainsi de suite. Généralement
les gens poussent de toutes leurs forces pour amener les bras devant, en tenant leur respiration
pendant l’effort et relâchent tout d’un seul coup pour que les poids reviennent sur les côtés.
Les entraîneurs conseillent souvent d’expirer pendant l’effort lorsque les bras se rapprochent
et d’inspirer lorsque les bras s’éloignent. Cela renforce l’idée que le vrai travail s’effectue
lors de la contraction des muscles lorsque l’on rapproche les bras, et l’ouverture des bras est
juste pour se préparer pour la prochaine fermeture, ou là "ça travaille". Ce n’est pas comme cela
que les machines fonctionnent et un bon entraîneur va surveiller une attention égale présente dans
les deux directions.
Pour revenir à savoir comment utiliser ces machines. Enlever la plupart des
poids. Ensuite, le challenge est d’être capable de réaliser les mouvements avec un certain poids
sans avoir besoin de se raidir au niveau des côtes, de l’abdomen, du bas du dos, des épaules et
partout ailleurs. Et sans avoir besoin d’interférer la respiration ou de la forcer à suivre un
rythme simpliste avec les mouvements. Laissez la trouver sa propre harmonie, sans vouloir contrôler
son rythme. Pouvez-vous vous relâcher sur le siège et utiliser toute l’étendue de la machine, sans
écraser la poitrine devant ou les omoplates dans le dos. Pouvez vous soutenir le poids pendant
tout le mouvement avec une détente égale lors des deux directions de mouvements, surtout lors des
mouvements d’ouverture ou vous portez le poids en continuant à laisser les muscles s’allonger.
Pouvez vous garder ce relâchement avec des mouvements plus ou moins rapides? On peut expérimenter
toutes sortes de choses .
Ce que vous allez travailler, ce n’est pas un rétrécissement du reste du corps
pour travailler une partie en vous contractant, mais être capable d’être libre et ouvert en faisant
l’exercice malgré le poids. C’est une habileté qui a de la valeur et que l’on peut utiliser en
dehors des cours de musculation! En plus, vous allez découvrir en travaillant ainsi, que même si
vous pensiez que 5 kilos, ce n’était rien, à la fin de 10 répétitions, vous allez avoir autant
travaillé voir plus que ce vous faisiez avant avec 25 kilos. Tous ceux avec qui j’ai travaillé
ainsi ont dit qu’ils ont senti l’effet grisant après l’exercice aussi fortement voir plus qu’avec
des poids lourds, et en plus, ils ont la joie d’avoir appris quelque chose de constructif.
Travailler ainsi, enlève l’idée de faire de l’exercice avec des "parties" mais
c’est s’utiliser dans sa globalité pendant toute l’activité. Cette machine et les exercices que
l’on peut y faire est un moyen plus large pour prêter attention sur comment vous utilisez le reste
de vous même. L’idée derrière tout cela est simple, mais ce n’est pas évident à réaliser dans l’environnement
habituel des salles de gym, car il faut passer du temps pour continuer à rester relâché à travers
la répétition des mouvements. Pour l’exercice, c’est une bonne chose car vous passez plus de temps
dans un état détendu lors de ces mouvements. Mais pour beaucoup, c’est difficile de prendre le
temps nécessaire s’ils sentent que les autres fans de musculation attendent pour utiliser les machines
et ricanent derrière eux: « Regarde cette mauviette, il ne soulève que 5 kilos. Dépêche-toi
et laisse les vrais hommes se muscler ».
~~~~~~~~
il y a une petite biographie de l'auteur ci-dessous.

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Au sujet de l'auteur
David Gorman
A partir de son expérience professionnelle de ces 28 dernières années et de
ses découvertes, David Gorman a développé ce travail LearningMethods. Ses
découvertes se sont produites à travers l’enseignement de la méthode
Alexander qu’il a étudié en 1972 et qu’il l’enseigne depuis 1980. Il a
publié en 1980 un ouvrage volumineux de 600 pages actuellement dans sa
quatrième édition, The Body
Moveable, sur la structure et le fonctionnement humain.
En 1982, grâce à ses explorations en anatomie et physiologie,
il a découvert un nouveau modèle de fonctionnement et d'organisation humaine
aux profondes implications pour la compréhension de la conscience, les causes
de notre mauvais fonctionnement chronique et notre capacité d'apprentissage
inné.
Il a ouvert une école à Londres en 1988, pour incorporer ces
découvertes dans la formation de professeurs de la méthode Alexander.
Quarante cinq enseignants y ont été formé, ce centre a existé jusqu’à
1997 (avec l’aide de Margaret Farrar-Edis jusqu’à 1993 et avec Ann Penistan ensuite).
Au fil des années, David a exploré continuellement la nature
des problèmes humains et ce qui nous empêche de changer. Il lui est apparu
évident que tout un territoire comportant les systèmes de croyances et
interprétations de nos expériences de vie de tous les jours doit être
exprimé et compris pour que la personne soit réellement libéré et puisse
changer. Il lui est également apparu clairement que ses découvertes et leurs
implications dans la façon d’enseigner n’allaient plus de pair avec le
système de croyance et la pédagogie employée dans la Méthode Alexander.
Ainsi, David a fermé son école de formation et depuis Mai 1997 le travail
porte le nom de LearningMethods.
David réside entre Londres et le sud de la France afin de
distiller ses découvertes et expériences pratiques dans la rédaction de
nouveaux livres et de se concentrer sur le développement de ce travail à
travers des stages réguliers dans des villes Européennes et en Amérique du
Nord (cliquez ici pour obtenir l’emploi
du temps). David élabore un
programme d’apprentis avec des personnes qui souhaitent apprendre
comment utiliser ce travail pour aider les autres à apprendre. A ce jours, il
y a neuf enseignants de LearningMethods,
et une douzaine d’élèves qui sont à des stades différents dans leur
formation.
DAVID GORMAN
Envoyer un e-mail
Tél: +1 416-519-5470, Fax: +1 416-519-7470
19 Stephen Drive, Etobicoke, Ontario, Canada M8Y 3M7
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