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DONNEZ VIE A VOTRE CORPS

Par EILLEN SELLAM

Copyright (C) 1996, Eillen Sellam, droits réservés dans le monde entier

Au début de ce siècle, Frederick Matthias Alexander [1869-1955] mit au point une méthode qui permet à chacun de réaliser de quelle manière il utilise son corps et comment il peut prévenir des habitudes corporelles qui s'avèrent néfastes.

F. Matthias Alexander

Acteur Shakespearien de la fin du siècle dernier, Frederick Matthias Alexander souffrit de graves problèmes vocaux: à chaque apparition sur scène, il perdait sa voix. Afin de résoudre ce problème, il consulta de nombreux médecins et suivit plusieurs traitements. Un de médecins lui conseilla, par exemple, d'économiser le plus possible sa voix quinze jours avant de monter sur scène. Mais ce traitement, ainsi que les précédents, furent un échec.

Avec l'aide des médecins, il arriva à la conclusion qu'il devait faire quelque chose sur scène qui provoquait ce trouble, fort gênant pour un acteur en pleine carrière, mais que personne ne semblait pouvoir expliquer.

Pour guérir, il devait changer toutes ses habitudes jusqu'alors inconscientes.

Alexander décida de rechercher lui-même pourquoi ses cordes vocales se fatiguaient à chaque fois qu'il déclamait. À l'aide d'un jeu de miroirs, il s'observa en train de parler et de réciter. Au bout de plusieurs mois, il se rendit compte qu'il contractait les muscles du cou des qu'il commençait à réciter. Cette contraction entraînait sa tête vers le bas et vers l'arrière, comprimant ainsi ses cordes vocales, et c'est cette pression sur les cordes vocales qui était à l'origine de ses troubles. Cette observation faite, le traitement paraissait évident: il devait cesser de contracter la gorge de tendre les muscles du cou lorsqu'il déclamait. Mais il constata (toujours à l'aide des miroirs) qu'a chaque fois qu'il essayait de détendre les muscles, sa tête continuait à se projeter en arrière. En fait, plus qu'il essayait de se contrôler, plus cette habitude revenait. C'était frustrant; il désirait ardemment changer mais n'arrivait pas à diriger son corps: ses anciennes habitudes étaient les plus fortes. En fait, il se sentait bien dans ses habitudes; après tout, il avait utilisé sa voix de cette façon pendant des années.

Des sensations trompeuses

Toutes ses tentatives pour modifier ce schéma semblaient étranges et fausses. Il admit alors que, définissaient telle ou telle attitude comme positive ou négative sur la base de ses propres sensations, sa manière même decorriger dépendait de ses habitudes et n'était donc pas fiable. En effet, il dut reconnaître que ses sensations ne correspondaient pas à ce qu'il constatait sur les miroirs. Ce n'était donc pas les sensations trompeuses qui pouvaient le guider dans le changement qu'il désirait effectuer.


L'aisance et la liberté de mouvement sont naturels chez le jeune enfant.
C'est le mouvement de la tête qui dirige l'ensemble du corps.

 

Une longue observation devant les miroirs lui révéla ensuite qu'il ne raidissait pas les muscles seulement lorsqu'il déclamait; en fait cette tendance se manifestait dès qu'il commençait une action. La tension ne se situait pas uniquement au niveau du cou: tout son corps se retrouvait rétréci et tendu et sa respiration et sa liberté de mouvement s'en trouvaient entravées.

Un moyen pour désamorcer les habitudes

Alexander mit l'accent sur la recherche d'un moyen pour désamorcer ses habitudes, réactions physiques instinctives. Au bout d'une dizaine d'années de recherches, après plusieurs tentatives infructueuses, il trouva enfin les moyens d'empêcher que ce schéma habituel ne se reproduise et développa une nouvelle façon "d'utiliser" son corps qui non seulement lui permit de retrouver sa voix, mais amena en plus, de façon totalement inattendue, une amélioration de son état de santé général. De ce nouvel "usage" découla une méthode qui peut s'appliquer lors de nombreuses activités avec moins de tensions, moins d'efforts et plus d'aisance.

Quelques années plus tard, Alexander expliqua les étapes de sa recherche dans son troisième livre:" "The Use of The Self". Le terme utiliser doit être pris ici au sens large, avec l'idée que l'on ne peut séparer le corps de l'esprit.

Communiquer la méthode par le toucher

Certains de ses amis et collègues qui s'interrogeaient en voyant son évolution lui demandèrent son aide; beaucoup d'acteurs souffraient, en effet, de troubles respiratoires ou de diction et se sentaient physiquement limités. Alexander leur expliqua le lien qui existait entre leurs troubles et la façon dont ils se tenaient. Mais entre l'explication et l'application, le résultat n'était pas probant. Certains trouvaient même ses explications verbales difficiles à comprendre. Alexander leur montra alors ce qu'il avait appris. La façon las plus efficace et directe de communiquer sa méthode était de guider légèrement les réponses physiques de ses élèves par le toucher.

Les problèmes se traduisent de façon différente pour chacun

Jusqu'alors, Alexander avait pensé que le problème ne se posait qu'à lui même, mais ses observations et ses discussions l'amenèrent vite à se rendre compte que bien des gens se heurtaient à ce genre de difficultés. Nous pouvons nous-mêmes être facilement témoins de ce phénomène. Si nous observons quelqu'un en train de parler, nous pouvons voir de petits mouvements du corps: la nuque qui se raidit, la tête qui se projette en arrière ou sur le cote; la première attitude qu'Alexander prenait en déclamant. Bien sûr, les problèmes se traduisant de façon différente pour chacun.

Alexander observa, de façon générale, un manque de liberté au niveau du mouvement de la tête. En effet, la tête oscille au dessus de la colonne vertébrale et des tensions excessives au niveau des muscles peuvent entraîner ce manque de liberté. Ces tensions créent un mouvement de tassement de la colonne vertébrale, du torse, ainsi qu'une perte de 'mouvement naturel vers le haut.' Ces attitudes psychocorporelles sont à l'origine de nombreux maux: céphalées, douleurs musculaires, stress, troubles de sommeil...

John Dewey, philosophe américain, Aldous Huxley, scientifique et écrivain, ainsi que Georges Bernard Shaw furent parmi les premiers à soutenir la méthode Alexander après l'avoir expérimentée. Le Professeur Nikolaas Tinbergen, prix nobel de médecine en 1973, déclare: "après avoir pratiqué la méthode Alexander, ma famille et moi avons remarqué des améliorations notoires dans différents domaines: une meilleure tension artérielle, un sommeil plus profond, une augmentation de la vigilance, une grande joie de vivre, plus de résistance face aux pressions extérieures..."

Les résultats de Frederick Matthias Alexander éveillèrent l'attention de médecins qui lui adressèrent quelques uns de leurs patients.

Alexander publia quatre livres: 'Constructive Conscious Control of The Individual, 'The Universal Constant In Living', 'The Use of The Self', et 'Man's Supreme Inheritance'.

Une leçon "Alexander"

Au début d'une leçon, l'élève expose, en premier lieu, les raisons qui l'amènent à expérimenter la méthode Alexander. Il donne des informations sur son corps, ses blocages, ses douleurs, une éventuelle sensation de maladresse, de lourdeur et définit les qualités qu'il aimerait développer. Par exemple: se sentir plus ancré au sol ou plus léger, être plus adroit lors d'une activité, être plus présent à une partie de son corps qui semble un peu anesthésiée, développer plus de stabilité et une meilleure assise face aux difficultés... Après cette discussion, intervient ce qu'on appel 'le tour de table': l'élève s'allonge, le dos sur la table, les jambes replies vers le haut, des livres sous la tête si nécessaire. Le professeur utilise alors ses mains pour permettre aux muscles des jambes, des bras, du torse, et en particulier au muscles du cou, de se détendre, les tensions du cou étant souvent à l'origine des autres tensions qui se propagent à différentes parties du corps. Grâce à son toucher, le professeur reçoit des informations sur les schémas de mouvement et de respiration de l'élève.

(Tommy Thompson enseigne)
 
Relâcher les tensions du cou pour libérer le tête et éveiller la conscience
du mouvement verticale intérieur. Apprendre à être à l'écoute de soi tout
en restant présent au monde extérieur.

 

Après le tour de table, l'élève va vivre son corps d'une façon déjà plus relaxée et peut déjà faire part de ses sensations, ce qui l'encourage à être plus conscient du lien entre ses pensées et ses mouvements, c'est à dire entre ce qu'il fait et ce qu'il croit faire. Ensuite, l'élève effectue des mouvements simples de la vie de tous les jours tels que marcher, se lever, s'asseoir. Par l'observation et grâce au toucher, le professeur reconnaît les schémas "d'utilisation de son corps" de l'élève et confirme son observation en demandant à celui-ci de partager ce qu'il ressent, ses perceptions et ses idées. Puis, par un léger toucher, le professeur donne à l'élève des informations qui lui indiquent le moyen de détendre les muscles trop tendus. Lors des premières leçons, ce processus va paraître subtil et 'l'élève peut y répondre de façon inconscient. Cependant, il est important que l'élève reste les yeux ouverts, présent lors de la séance. Le professeur Alexander se définit comme un enseignant et non comme un thérapeute. Le 'patient' est donc un l'élève qui s'implique pendant la leçon.

D'ordinaire, on exécute un mouvement avec un excès de tensions et on a l'impression d'être à l'aise.

Il s'agit de rééduquer la perception appelée proprioception (ou sens kinesthésique): c'est à dire savoir où l'on se situe dans l'espace. La proprioception est la base de notre équilibre, de notre maintien et de nos mouvements. Plus encore, c'est la base de la perception de soi. Pour utiliser correctement notre corps, nous devons nous assurer qu'il est informé avec précision de ce qu'il fait. La plus grande part de cette information vient de la proprioception. Si nous faisons toujours les mêmes gestes durant une certaine période de temps, il devient peu à peu difficile de savoir ce que nous sommes réellement en train de faire. Par exemple, nous exécutons un mouvement avec un excès de tensions et nous avons l'impression d'être à l'aise. À cause de nos mauvaises habitudes, cette appréciation sensorielle est défectueuse chez la plupart d'entre nous. Avec de l'entraînement, elle peut devenir plus fiable. Nous devenons alors plus libre de choisir un mouvement sans être emprisonné dans nos habitudes.

Contrôle premier et support intérieur

La détente des muscles du cou est déterminante. En effet, lorsque nous relâchons ces muscles, la tête se libère en un mouvement frontal ascendant, l'ensemble du dos s'allonge et s'élargit. La façon dont nous positionnons notre tête influe sur l'ensemble du corps. Grâce au contact avec le professeur, l'élève expérimente ce qu'Alexander a nommé le "contrôle premier", c'est-a-dire la relation dynamique qui existe entre la tête, le cou et l'ensemble du corps. L'élève apprend à maintenir ce processus lors des activités quotidiennes: se lever, s'asseoir et marcher.

(Tommy Thompson enseigne)
 
Les muscles contractés par les tensions se délient.
Les membres retrouvent leur véritables "longueur".

 

En retrouvant son axe vertébral, l'élève reprend contact avec tout son être. Il en gagne une grande assise intérieure qui influe autant sur son être que sur sa relation avec le monde extérieur. Cette assise, appelée "support intérieur", va donner la sensation à l'élève qu'il est centre, libre de ses mouvements et de ses actions. Par son toucher, le professeur stimule le contrôle premier, ce dynamisme qui existe chez chacun d'entre nous, mais que nous avons parfois étouffé sous de nombreuses tensions liées aux contraintes de notre mode de vie actuel, en particulier dans le monde moderne tel qu'il est avec tous ses impératifs professionnels, sociaux, familiaux etc.

Nous vivons en relation constante avec notre entourage et l'environnement. Notre cerveau reçoit sans cesse un nombre incalculable d'informations: visuelles, auditives, tactiles, olfactives ou gustatives. Occupés à répondre à toutes ces sollicitations extérieures, nous perdons le contact avec nous même. Nous réagissons à ces stimuli trop nombreux en nous contractant: nous avons tendance à nous rétrécir. Le premier mouvement de rétrécissement va être un mouvement de la tête en arrière. Ce mouvement de rétrécissement va se répercuter sur l'ensemble du corps. On peut observer, lorsque de nombreuses émotions s'expriment lors d'une discussion orageuse avec un ou plusieurs partenaires, que le réflexe est de contracter le corps: la tête se projette en arrière. Une fois l'émotion vécue, la contraction se détend, la tête repart vers le haut, la colonne vertébrale s'allonge.

Renforcer son support permet d'être plus stable face aux sollicitations et événements extérieurs. Lors des leçons, le professeur offre à l'élève l'occasion de sentir ce support.

Un refus conscient d'agir selon nos habitudes anciennes

Petit à petit, grâce à ces expériences concrètes, l'élèvea le choix de répondre à ces stimuli d'une manière différente. Alexander utilise ici le terme "inhibition". Ce mot ne porte pas ici à la définition habituelle qu'on lui attribue mais fait allusion au processus destiné à enrayer la mauvaise utilisation du corps; c'est un refus conscient d'agir selon nos habitudes anciennes.

En effet, l'élève va stimuler le contrôle premier à l'aide de "directions" consciemment choisies qui conduisent à une meilleure utilisations de notre corps. Nous envoyons une direction mentale par la pensée comme par exemple :"je laisse les muscles de mon cou détendus pour permettre à la tête d'aller vers le haut et vers l'avant afin que mon dos s'allonge et s'élargisse".


 
L'enfant utilise naturellement toutes les possibilités de la position dite du singe

 

Plus nous nous relâchons ainsi vers notre support et vers le support et vers le support du sol (par le biais de la gravité), plus le mouvement ver le haut est stimulé. En effet, la pesanteur est une force d'enracinement; laisser agir cette force libère en nous la direction opposée vers le haut. La circulation de ces deux énergies favorise notre liberté de mouvement.

Défaire et laisser faire

Nous avons parfois souvenir d'un parent ou d'un professeur qui nous a dit:"tiens-toi droit!"; Notre réaction fut alors de nous forcer à nous tenir droit, c'est-à-dire "faire", rajouter des tensions sur des tensions déjà existantes, au lieu de "défaire" et "laisser faire" vers nos supports. Ramener notre dos à l'équilibre en empêchant les muscles d'imposer des pressions néfastes contribue à ramener la colonne vertébrale dans son schéma correct.

Si on libère la colonne vertébrale des contraintes excessives, elle s'allonge ainsi que les muscles qui y sont attaches. Alexander parlait de l'élargissement", en particulier dans la partie supérieure du dos. De nombreux muscles relient les cotes entre elles et les relient au bassin, à l'épine dorsale, aux épaules et aux bras. Ces muscles ainsi que le diaphragme contrôlent le mouvement des cotes. Si nous avons des tensions dans l'un de ces muscles, les côtes peuvent se trouver raidies et maintenues dans une position trop serrée ou trop large. Généralement, elles se trouvent dans une position trop étroite, en relation avec le fait que les muscles des bras, la poitrine et l'abdomen sont souvent trop courts et trop contractés, en libérant ces schémas musculaires, le mouvement des cotes peut s'élargir et retrouver une élasticité naturelle. La respiration s'en trouvera améliorée.

Maintenir la contrôle premier tout en faisant une activité

Lorsque l'élève apprend à donner ses "directions" pendant plusieurs séances, il découvre qu'il peut à la fois donner des directions et faire une activité. Alexander définissait comme une position d'avantage mécanique la position dite "du singe". Cette position permet d'avoir un espace très libre devant soi pour effectuer de nombreuses activités. L'élève va expérimenter cette position qui permet d'exécuter, par exemple, les gestes qu'il effectue pour se laver ses mains, faire la vaisselle, dessiner, ou jouer d'un instrument de musique, et ceci tout en maintenant le contrôle premier. Cette position du singe permet une grande ampleur de mouvement: on peut soit exécuter un petit mouvement soit l'accentuer et arriver proche de la position accroupie, utilisée par exemple, pour soulever des objets. Avec l'expérience, l'élève devient apte à maintenir le contrôle premier sans guide, et ce dans un nombre croissant de situations.

"Cela vous enseigne comment amener une intelligence pratique dans tout ce que vous faites déjà." La méthode Alexander offre une possibilité de mettre en évidence la façon dont nous exécutons des activités simples ou complexes. Pour l'étudiant, la méthode Alexander n'est pas une fin en soi; ce qu'il gagne avec le temps, c'est la capacité d'appliquer la connaissance qu'il a vécue pendant les leçons à sa vie quotidienne.

Frank Pierce Jones, directeur de recherches psychologiques à l'université Tufts écrit ceci: "(. .) Cela ne vous enseigne pas quelque chose à faire. Cela vous enseigne comment amener une intelligence pratique dans tout ce que vous faites déjà; comment éliminer les réponses stéréotypées; faire face aux habitudes et aux changements. Cela vous laisse libre de choisir vos propres buts et vous laisse un meilleur usage de vous même tandis que vous y travaillez. Cela ouvre une fenêtre sur cet espace peu connu qui existe entre le stimulus et sa réponse et vous donne la connaissance dont vous avez besoin pour changer ou non vos schémas de réponse."

George Bernard Shaw, également, s'intéressa de près à la méthode et nous dit: "Alexander établit non seulement les fondements d'une science profonde des mouvements involontaires que nous appelons "réflexes", mais une technique de correction et de contrôle de soi qui constitue un plus considérable dans les faibles ressources de notre éducation personnelle". La méthode Alexander permet d'éviter des tensions inutiles en enseignant comment être plus sensible à soi-même, davantage à l'écoute de soi et comment diriger notre énergie de façon plus constructive. En effet, la façon dont on utilise le corps lors d'une action et aussi importante que l'action en elle-même. Malgré des constitutions différentes, grand, gros, petit, mince, etc., la structure anatomique est la même. Si l'on fonctionne sans s'en rendre compte, en ne respectant pas cette structure, au bout d'un certain temps, on aura l'impression que plus d'éléments (muscles, articulations) que nécessaire doivent être sollicités pour effectuer les mouvements. Alors, certains muscles et certaines articulations seront mal utilisés et souvent en excès. Ce mauvais fonctionnement peut entraîner des douleurs et des lésions inutiles.

Acquérir, par le biais des leçons, une connaissance juste de notre anatomie nous permet d'améliorer notre fonctionnement et d'être plus performant dans nos gestes quotidiens.

Bien-être physique et bien-être émotionnel

Nous exprimons nos émotions avec des expressions qui en disent long sur notre corps et ses tensions: 'je porte le poids du monde sur les épaules', j'en ai plein le dos', je suis à cote de mes pompes'. etc. Nous pouvons tous avoir une idée de l'état émotionnel d'un ami en l'observant: des épaules rentrées ou une cage thoracique projetée en avant racontent une histoire différente. Parfois une tension physique peut traduire un besoin de protection face à des situations où nous nous sentons vulnérable. Les transformations qui s'effectuent lors des leçons Alexander ne sont jamais forcées, pas de relâchement brusque de tensions qui seraient liées à des émotions refoulées. Aldous Huxley, qui fut un élève de la méthode, écrit: "Si vous enseignez à un individu comment tout d'abord être conscient de son organisme physique, puis comment l'employer tel qu'il a été conçu pour fonctionner, vous pouvez changer son attitude tout entière face à la vie et guérir ses tendances névrotiques."

Depuis, de nombreux thérapeutes reconnaissent un lien entre le bien-être physique et le bien-être émotionnel.

L'enseignement de la méthode Alexander

Les enseignants de la méthode Alexander suivent une formation pendant trois ans à raison de trois heures par jour. Chacun va faire l'expérience des principes de base qu'Alexander utilisa pour soigner son problème vocal. La compréhension de cette méthode vient lorsqu'on en fait soi-même l'expérience, car il s'agit d'expériences vécues, de sensations qu'il est difficile d'expliquer par le moyen des mots. En expérimentant eux-mêmes la méthode, les enseignants vivent des transformations physiques et psychologiques. Ensuite, ils continuent à 'travailler' sur eux-mêmes lors qu'ils enseignent, comme le fit Frederick Matthias Alexander pour communiquer sa technique.

Alexander écrit: "une grande part de la confusion et de la complexité du monde d'aujourd'hui vient de l'acceptation et de la diffusion de concepts théoriques qui ne sont pas issus de l'expérience personnelle de ceux qui les défendent."

La méthode F Matthias Alexander est très peu connue en France. En revanche, elle est beaucoup plus développée dans les pays anglo-saxons. Très répandue aux États-Unis, en Angleterre et en Israël, elle est utilisée dans des conservatoires de danse, d'art dramatique et de chant. De nombreux thérapeutes s'y intéressent et on constate son expansion dans les domaines très variés.
   


Photo of Eillen SellamEillen Sellam

  en Français : 
A suivit une formation comme professeur de la Méthode Alexander en France et aux États-Unis. Après avoir enseigné cette Méthode, elle a connu LearningMethods et s’y est formée. Au fil des années, son travail s’est enrichi par sa rencontre avec de nombreux enseignants et son expérience dans des activités artistiques, la danse, le chant et les arts martiaux.

Elle a enseigné pendant deux ans aux chanteurs de l'école de Formation Lyrique de l'Opéra Bastille à Paris. Depuis décembre 1996, elle a étudié et développé sa capacité à enseigner ce nouveau travail. Elle enseigne régulièrement à Paris, dans le sud de la France à le Conservatoire de Théâtre à Avignon, et lors des stages de LearningMethods avec David Gorman dans de nombreux pays d’Europe, au Canada et aux USA.

  in English: 
Eillen comes to teaching the LearningMethods work from a background in dance, music and the Alexander Technique. She completed her training as an Alexander Teacher in France and the United States. Over the years, her work has been enriched by her encounters with many teachers and by her experiences in Indian dance, singing, painting and the martial arts.

Up to 1996 Eillen maintained a private teaching practice and worked with singers of the École de Formation Lyrique de l'Opéra Bastille in Paris, but inspired by her experiences with the LearningMethods work outlined in her articles, she changed her direction to become a teacher of the LearningMethods work. She taught regularly at the Conservatoire de Théâtre in Avignon for years and now, having moved to Canada, she is building up her work there.

In between the demanding job of raising a young son, Eillen also gives workshops in LearningMethods and Improvisational Creativity in various countries around Europe, Canada and the USA.

 


Eillen Sellam
Tel: +1 416-519-5470   
19 Stephen Drive, Etobicoke, Ontario, Canada M8Y 3M7

  
 


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